
Lorsque la peur surgit sans prévenir, s’intensifie et finit par restreindre les espaces de vie, on parle de phobie. Non parce que la peur serait anormale, mais parce qu’elle devient envahissante. Face à elle, la tentation est souvent de vouloir l’éliminer : la comprendre, la contrôler ou l’éviter.
Or, dans l’approche de la thérapie brève systémique et stratégique, le problème n’est pas la peur elle-même, mais les stratégies mises en place pour ne plus la ressentir. Évitement, contrôle et réassurance soulagent à court terme mais renforcent la peur durablement.
Apaiser une phobie consiste alors à changer de relation avec elle, en expérimentant de nouveaux comportements. C’est par l’expérience, progressive et ciblée, que vous retrouvez de la liberté et que vous découvrez que la peur peut être traversée sans danger.
Comprendre la logique des phobies (sans chercher le « pourquoi »)
Dans l’approche systémique et stratégique de l’école de Palo Alto, une phobie est comprise comme une réaction normale de peur devenue excessive avec le temps. Le problème ne vient pas de la peur elle-même, mais du cercle vicieux qui s’installe : une sensation ou une pensée anxiogène est interprétée de façon catastrophique, entraînant des stratégies d’évitement ou de contrôle qui soulagent à court terme mais renforcent durablement la peur.
La thérapie brève ne cherche donc pas à expliquer l’origine de la phobie, mais à agir sur ce qui la maintient aujourd’hui. En modifiant les comportements et les tentatives de solution actuelles par des expériences concrètes et ciblées, il devient possible d’apaiser la peur et d’en sortir progressivement.
L’évitement : une solution logique… qui entretient la peur
Face à la peur, l’évitement apparaît comme une réponse parfaitement logique : fuir la situation anxiogène permet de se soulager rapidement. Sur le moment, le corps se calme et la tension retombe. Mais ce soulagement immédiat s’accompagne d’un double message envoyé à soi-même : « je vais mieux parce que j’ai évité » et, implicitement, « je n’étais pas capable de faire face ». Ce second message fragilise la confiance et renforce l’idée de danger.
Peu à peu, la peur s’étend. Ce qui était redouté dans une situation précise se généralise à d’autres contextes proches, puis de plus en plus larges. Ainsi, l’évitement réduit la peur à court terme, mais l’amplifie durablement. Apaiser une phobie ne consiste donc pas à supprimer la peur, mais à cesser de l’éviter, afin de rompre ce mécanisme auto-entretenu.
Apaiser une phobie : changer de stratégie, pas de personnalité
En thérapie brève systémique et stratégique, apaiser une phobie ne consiste pas à changer qui vous êtes, mais à changer votre manière de répondre à la peur. Chercher à la combattre ou à la contrôler renforce souvent le problème ; l’enjeu est plutôt d’apprendre à faire autrement avec elle, par l’expérience. Ce changement passe par des confrontations préparées et progressives, appelées expériences émotionnelles correctrices, qui permettent d’observer la peur, de laisser monter les sensations et de traverser l’inconfort sans fuir. Grâce à des micro-expériences ciblées et à un accompagnement sécurisant, vous apprenez à remplacer l’évitement par l’action et à constater que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité d’agir malgré elle.
Quand se faire accompagner en thérapie brève
Il peut être utile de se faire accompagner lorsque la peur persiste malgré les efforts pour la surmonter, lorsqu’elle s’étend progressivement à de nouvelles situations ou qu’elle commence à impacter la vie personnelle, sociale ou professionnelle. Plus l’évitement prend de place, plus le champ de liberté se réduit.
En tant que thérapeute bref systémique et stratégique, je propose un cadre structuré et rassurant, avec des objectifs concrets, un travail centré sur le présent et sur ce qui maintient la difficulté aujourd’hui, plutôt que sur son origine. La durée limitée et l’approche pragmatique permettent d’obtenir des changements observables rapidement. Si votre peur vous enferme ou vous empêche d’agir comme vous le souhaitez, venez en consultation au cabinet Paris 16, c’est le premier pas pour reprendre de la marge de manœuvre.
Quelques exemples de phobies courantes :
Peur de conduire
La peur de conduire est fréquemment liée à la crainte de perdre le contrôle, de faire un malaise ou de provoquer un accident. Pour se protéger, la personne évite certains trajets, conduit uniquement accompagnée ou multiplie les stratégies de réassurance. En thérapie brève, l’objectif est de reprendre progressivement la conduite, de travailler l’anticipation catastrophique et de transformer la voiture en espace d’expérimentation, plutôt qu’en situation menaçante.
Peur de l’ascenseur
La peur de l’ascenseur repose sur la crainte de l’enfermement, de l’étouffement ou de rester bloqué sans possibilité de fuite. Les escaliers systématiques et les vérifications répétées procurent un soulagement immédiat, mais entretiennent durablement la peur. L’accompagnement thérapeutique vise à apprivoiser l’immobilité, à provoquer volontairement certaines sensations et à modifier la relation au contrôle, afin de sortir progressivement de l’évitement.
Peur des transports en commun
La peur des transports en commun est souvent liée à la foule, au malaise possible ou à l’impossibilité de fuir rapidement. Pour se protéger, la personne repère toutes les sorties ou voyage uniquement accompagnée. En thérapie brève, le travail porte sur la peur de la peur, la réduction progressive des comportements de sécurité et la restauration de la liberté de mouvement, étape par étape.
Peur de perdre le contrôle de son corps
Cette peur concerne les sensations corporelles telles que les palpitations, les vertiges, les tremblements ou les difficultés respiratoires. La surveillance constante du corps et le contrôle respiratoire excessif entretiennent l’angoisse. L’axe thérapeutique de la peur de perdre le contrôle de son corps consiste à accueillir les sensations, parfois à les provoquer volontairement, et à sortir de l’hyper-contrôle pour rétablir une relation plus apaisée au corps.
Peur du regard des autres
La peur du regard des autres repose sur la crainte d’être jugé, observé ou rejeté, notamment en cas de perte de contrôle visible. Pour éviter cela, la personne se cache, se sur-adapte ou fuit les situations d’exposition. La thérapie brève propose d’afficher – de le dire – plutôt que de dissimuler, d’expérimenter l’imperfection et de reconstruire progressivement la confiance relationnelle par l’expérience.
Peur des animaux et des insectes
La peur des animaux ou des insectes est une phobie spécifique souvent associée à une réaction de dégoût ou de danger immédiat. L’évitement, la vigilance excessive ou la fuite rapide soulagent sur le moment, mais maintiennent la peur. Le travail thérapeutique vise une exposition graduée et préparée, permettant de modifier progressivement la perception de la menace et de reprendre du contrôle sur ses réactions.
Peur de la hauteur
La peur de la hauteur s’exprime par la crainte de tomber, de perdre l’équilibre ou de ne plus pouvoir se maîtriser. Pour se rassurer, la personne évite les lieux en hauteur ou se cramponne excessivement. En thérapie brève, l’objectif est d’apprivoiser les sensations corporelles, de réduire les comportements de sécurité et de transformer l’exposition en expérience contrôlée et progressive, favorisant la confiance.
Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Cependant si vous sentez que vous êtes phobique, venez affronter votre peur pour vous en débarrasser ! Venez consulter au cabinet Paris 16 ! Je suis Nathalie Touzain, je suis thérapeute brève, hypnothérapeute Ericksonienne, et coach, pour faire disparaître votre peur de manière durable, contactez-moi.
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