
La colère peut envahir les relations. Comment alors la comprendre pour retrouver un soulagement.
Gérer la colère sans se laisser envahir
La colère est une émotion humaine normale. Pourtant, lorsqu’elle prend trop de place dans le quotidien, elle peut devenir difficile à vivre. Certaines personnes explosent rapidement pour des détails. D’autres gardent tout à l’intérieur jusqu’au moment où “cela sort” brutalement. Dans les relations personnelles, familiales ou professionnelles, la colère peut alors générer de la culpabilité, de l’épuisement ou des conflits qui se répètent.
Très souvent, les personnes qui consultent ont déjà essayé beaucoup de choses pour gérer leur colère : se contrôler davantage, éviter les conflits, ravaler ce qu’elles ressentent, prendre sur elles, analyser leurs réactions ou encore essayer de “rester calme coûte que coûte”. Pourtant, malgré tous ces efforts, la colère revient encore, parfois plus intensément.
Dans une approche issue de la thérapie brève systémique et stratégique de l’École de Palo Alto, le travail ne consiste pas uniquement à faire disparaître l’émotion, mais à comprendre ce qui entretient aujourd’hui ce fonctionnement émotionnel afin de retrouver davantage d’apaisement et aussi de s’en servir. Apprendre à vivre avec ses émotions sans se laisser envahir est la clé.
Pourquoi la colère prend parfois autant de place
La colère apparaît rarement “sans raison”. C’est une émotion qui peut émerger lorsqu’une limite semble franchie, lorsqu’il existe un sentiment d’injustice, de frustration, d’impuissance ou encore lorsque trop de tensions s’accumulent depuis longtemps.
Certaines personnes ont appris très tôt qu’il fallait éviter les conflits, rester raisonnable, ne pas déranger ou “prendre sur soi”. À force de retenir ce qui les traverse, la pression émotionnelle augmente progressivement jusqu’à devenir difficile à contenir.
À l’inverse, d’autres réagissent très rapidement parce qu’elles vivent chaque contrariété comme une menace, une remise en question ou un débordement impossible à supporter.
Derrière la colère, il existe souvent d’autres émotions plus discrètes :
- de la tristesse,
- de la peur,
- un sentiment de ne pas être reconnu,
- une fatigue émotionnelle importante,
- ou parfois une accumulation silencieuse de frustrations quotidiennes.
La colère n’est donc pas forcément “le problème”. Bien souvent, ce sont surtout des tentatives de solutions mises en place pour tenter de ne plus la ressentir qui finissent par maintenir ce cercle vicieux.
Quand vouloir contrôler sa colère aggrave la situation
Lorsqu’une émotion devient inconfortable, le réflexe naturel consiste souvent à vouloir la maîtriser rapidement. Beaucoup de personnes essaient alors de :
- se surveiller en permanence,
- retenir leurs réactions,
- éviter certaines discussions,
- faire semblant que “tout va bien”,
- ou encore culpabiliser après chaque montée émotionnelle, (ou tout à la fois !).
Sur le moment, ces tentatives de solutions donnent parfois l’impression de calmer les choses sur le moment. Mais en fait, elles entretiennent souvent le problème.
Plus une personne essaie de contrôler sa colère, plus la colère éclate à des moments incompréhensibles et inopportuns.
“Je ne dois pas m’énerver.”
“Il faut que je reste calme.”
“Je ne peux pas perdre le contrôle.”
Cette hypervigilance finit alors par augmenter encore davantage la pression émotionnelle. La colère peut alors exploser soudainement, parfois pour un détail, ou au contraire rester enfermée intérieurement jusqu’à provoquer une fatigue importante.
Certaines personnes passent aussi beaucoup de temps à chercher pourquoi elles réagissent ainsi :
“D’où vient cette colère ?”
“Pourquoi suis-je comme ça ?”
“Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?”
Or comprendre l’origine émotionnelle ne suffit pas toujours à modifier ce qui entretient aujourd’hui ces réactions automatiques. Une personne peut très bien comprendre intellectuellement son fonctionnement… tout en continuant à vivre les mêmes débordements régulièrement.
Gérer la colère autrement
Dans une approche de thérapie brève systémique et stratégique, l’objectif n’est pas d’apprendre à “ne plus ressentir de colère”. La colère fait partie de la vie émotionnelle des êtres humains et elle a sa fonction utile.
Le travail consiste plutôt à observer concrètement :
- dans quelles situations la colère apparaît,
- ce qui se passe juste avant,
- comment la personne réagit,
- ce qu’elle tente pour calmer ou éviter l’émotion,
- comment l’épisode se termine,
- et comprendre alors ce qui maintient aujourd’hui le cercle vicieux.
Très souvent, des changements dans les relations, les comportements ou les réactions permettent déjà de modifier profondément ce fonctionnement émotionnel et de diminuer la souffrance.
Le travail thérapeutique peut notamment aider à :
- repérer les moments d’accumulations émotionnelles,
- diminuer le contrôle,
- sortir des réactions automatiques,
- retrouver une manière plus souple d’exprimer les tensions,
- apaiser certaines relations devenues conflictuelles,
- et retrouver davantage de confiance en soi dans sa manière de communiquer.
La thérapie brève s’intéresse particulièrement au “comment” le problème fonctionne aujourd’hui plutôt qu’au “pourquoi” uniquement. Cette approche permet souvent d’avancer de manière pragmatique et concrète.
Retrouver un équilibre émotionnel
Lorsque la colère prend moins de place, beaucoup de personnes décrivent un soulagement important. Les relations deviennent souvent plus fluides. Les échanges moins explosifs. La culpabilité diminue progressivement.
Certaines personnes découvrent aussi qu’elles peuvent poser des limites plus clairement sans attendre d’être au bord du débordement. D’autres retrouvent plus de sérénité parce qu’elles ne passent plus leur temps à lutter contre leurs émotions.
L’objectif n’est pas de devenir quelqu’un qui ne ressent plus de colère. C’est de toute manière impossible. L’objectif est plutôt que cette émotion ne dirige plus entièrement la vie de la personne. Elle peut même être bénéfique pour réagir dans certaines situations où on se fait marcher sur les pieds, par exemple.
Retrouver davantage de souplesse permet de se sentir moins envahi et plus libre dans son quotidien.
Lorsque la colère devient trop présente, qu’elle abîme les relations ou qu’elle génère une souffrance importante, il est possible d’être accompagné afin de comprendre ce qui entretient aujourd’hui ce fonctionnement et retrouver progressivement davantage d’apaisement durable.
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