
Milton Erickson, psychiatre à l’origine de l’hypnose Ericksonienne
et inspirateur des thérapies brèves
L’hypnose Ericksonienne : un état de conscience modifié au service du changement
L’hypnose ericksonienne est une forme d’hypnose thérapeutique qui permet d’entrer dans un état de conscience modifié, le plus souvent léger. Contrairement à certaines idées reçues, on ne dort pas, on ne perd pas conscience et on ne perd pas le contrôle. La personne reste présente, entend la voix du thérapeute et peut continuer à interagir avec lui. L’intérêt de cet état est ailleurs : il permet de déplacer progressivement l’attention, de moins rester centré sur les pensées, l’analyse ou les ruminations, pour aller davantage observer ce qui se passe à l’intérieur de soi. Parmi les différents outils utilisés en thérapie brève, l’hypnose peut ainsi permettre d’explorer autrement une sensation, une émotion ou une réaction qui semble difficile à modifier volontairement.
L’hypnose, un état de conscience modifié que nous connaissons déjà
L’état hypnotique n’est pas aussi inhabituel qu’on pourrait l’imaginer. Nous faisons tous l’expérience, au quotidien, de moments où notre attention se modifie : lorsque nous sommes absorbés par un livre, plongés dans un film, concentrés sur un paysage ou lorsque nous arrivons au terme d’un trajet familier en ayant peu conscience des dernières minutes de conduite. Dans ces moments, nous sommes toujours là, mais notre attention s’est focalisée différemment. L’hypnose thérapeutique s’appuie sur cette capacité naturelle. Il ne s’agit donc pas de « partir ailleurs », mais plutôt de devenir attentif autrement à ce qui se passe ici et maintenant, en mettant momentanément à distance le flot habituel des pensées pour laisser davantage de place aux sensations, aux images et à l’expérience intérieure.
Une transe légère guidée par la voix du thérapeute
En hypnose ericksonienne, il n’est pas nécessaire d’entrer dans une transe profonde pour qu’un travail puisse se faire. Une transe légère peut suffire : la personne entend les bruits autour d’elle, peut bouger, parler ou répondre, tout en étant davantage concentrée sur ce qu’elle ressent. La voix du thérapeute devient alors un fil conducteur. Par son rythme, ses mots et ses propositions, elle invite progressivement à ralentir, à porter attention à une respiration, une sensation, une image ou à ce qui apparaît spontanément. La voix accompagne l’attention, elle ne prend pas le contrôle de la personne. Chacun reste libre de suivre ou non ce qui lui est proposé. C’est précisément cette qualité d’attention particulière qui permet peu à peu de quitter le commentaire mental pour se rapprocher de ce qui se passe réellement à l’intérieur de soi.
Explorer ce qui se passe à l’intérieur du corps
L’un des intérêts de l’hypnose est de permettre de porter une attention plus fine à ce qui se passe dans le corps. Une émotion, une peur ou une tension se manifeste physiquement avant même que nous ayons eu le temps de le comprendre : une boule dans la gorge, un nœud dans le ventre, une oppression dans la poitrine, une accélération du cœur, une chaleur, un froid, une tension musculaire ou encore une respiration qui change. Sous hypnose, l’idée n’est pas nécessairement de faire disparaître immédiatement ces sensations, mais plutôt d’aller les observer. Où est-ce que cela se passe ? Quelle forme cette sensation prend-elle ? Est-elle fixe ou mobile ? Est-ce qu’elle évolue lorsque l’on porte simplement son attention dessus ? Cette exploration permet parfois de sortir de la lutte permanente contre ce que l’on ressent et ce que l’esprit pense et veut.
Pourquoi passer par le corps plutôt que par la pensée ?
Nous pouvons parfois très bien comprendre intellectuellement ce qui nous arrive sans parvenir pour autant à modifier notre réaction. Nous savons que nous ne sommes pas réellement en danger, mais notre cœur s’accélère. Nous savons qu’il faudrait « lâcher prise », mais notre corps reste en tension. Nous avons compris pourquoi une peur s’est installée, mais elle continue pourtant à se déclencher. Dans ces situations, réfléchir toujours plus n’amène rien de nouveau. L’hypnose permet alors de travailler non seulement sur ce que l’on pense du problème, mais aussi sur l’expérience elle-même, telle qu’elle est vécue dans le corps. Comprendre peut être utile, mais comprendre ne suffit pas toujours à changer. Parfois, le changement commence lorsque l’on fait une expérience différente de ce que l’on ressent habituellement.
Milton Erickson : une autre manière de concevoir l’hypnose
L’hypnose ericksonienne doit son nom au psychiatre américain Milton Erickson, qui a profondément renouvelé la pratique de l’hypnose thérapeutique au XXe siècle. Plutôt que d’appliquer les mêmes techniques à tous, il accordait une grande importance à l’observation de la personne, à son langage, à ses réactions, à ses ressources et à sa manière particulière de fonctionner. Son approche consistait à utiliser ce qui était déjà présent chez le patient plutôt qu’à chercher à lui imposer un fonctionnement différent. Cette manière de travailler rejoint étroitement certains principes de l’École de Palo Alto, qui s’intéresse elle aussi à ce qui se passe concrètement dans le présent et à la façon dont un changement peut être introduit dans un système devenu trop rigide.

Une transe légère s’installe au fil de la voix du thérapeute
L’hypnose conversationnelle : quand la transe s’installe dans l’échange
L’hypnose ne nécessite pas toujours de fermer les yeux, de s’allonger ou de suivre une induction très formelle. Elle peut également s’installer progressivement au cours d’une conversation. Une question, une métaphore, une image, un souvenir ou simplement une invitation à porter son attention sur une sensation peuvent modifier subtilement la qualité de l’attention. La personne continue alors à parler, à entendre le thérapeute et à répondre, tout en devenant plus attentive à ce qui se passe en elle. C’est ce que l’on appelle notamment l’hypnose conversationnelle. Cette manière de travailler est particulièrement intéressante lorsqu’une personne a besoin de rester active dans l’échange. Là encore, il ne s’agit pas de provoquer un état spectaculaire, mais de créer les conditions d’une attention fine et différente.
Hypnose ericksonienne et thérapie brève : faire une expérience différente
En thérapie brève systémique et stratégique, l’objectif n’est pas uniquement de comprendre pourquoi un problème existe. On observe ce qui l’entretient aujourd’hui et on introduit alors progressivement une expérience différente. L’hypnose s’inscrit parfaitement dans cette logique. Elle peut permettre de modifier la manière dont une personne ressent une peur, observe une sensation, vit une émotion ou réagit face à une situation. Elle complète ainsi d’autres interventions utilisées en séance ou entre les séances, comme les exercices, les recadrages ou les prescriptions stratégiques. C’est aussi dans cette logique que certaines propositions peuvent parfois sembler contre-intuitives : faire le contraire de ce que l’on fait habituellement, ou expérimenter autrement une situation, peut ouvrir une nouvelle possibilité là où les tentatives de solutions répétées jusque-là ne fonctionnent plus.
L’hypnose reste un outil parmi d’autres
Je n’utilise pas systématiquement l’hypnose avec toutes les personnes ni à chaque séance. Elle reste un outil parmi d’autres, choisi lorsqu’il me semble pertinent au regard de la situation, du problème rencontré et de la manière dont celui-ci fonctionne. À certains moments, une question stratégique, un exercice à réaliser entre deux séances, un recadrage ou une autre intervention seront plus utiles. L’objectif n’est donc pas de « faire de l’hypnose » pour faire de l’hypnose, mais d’utiliser cet état particulier lorsqu’il peut aider à ressentir, percevoir ou réagir autrement et à retrouver davantage de souplesse face à une difficulté qui semblait jusque-là bloquée.
Se faire accompagner avec l’hypnose ericksonienne
Peut-être avez-vous déjà beaucoup réfléchi à ce qui vous arrive, essayé de comprendre, de relativiser ou de vous raisonner, sans parvenir pour autant à modifier ce que vous ressentez. Dans certaines situations, il peut alors être utile de quitter momentanément l’analyse pour aller observer autrement ce qui se passe à l’intérieur de soi.
Je suis Nathalie Touzain, thérapeute formée à la thérapie brève systémique et stratégique issue de l’École de Palo Alto ainsi qu’à l’hypnose Ericksonienne conversationnelle. Je vous accompagne dans un cadre bienveillant et confidentiel afin de comprendre ce qui entretient aujourd’hui votre difficulté et, lorsque cela peut être utile, d’explorer avec l’hypnose d’autres façons de ressentir, de percevoir ou de réagir. Je vous propose un appel découverte de 15 minutes pour échanger sur votre situation. Vous pouvez également prendre rendez-vous pour une consultation au cabinet à Paris 16e ou en visio via Médoucine.
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